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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 22:22

 

Histoire de Gabrielle :

 

Gabrielle traîne dans la rue à la recherche de cigarettes, de rencontres, de musiques qui lui rendrait quelques souvenirs de sa mère, dans la grande maison familiale, elle déchire le papier peint et se sent perdue, dans les milliers de cartons qui débordent, son frère a une nouvelle copine qui reste dans son atelier à cracher sur ses tableaux, Gabrielle ne parle plus, elle s’est défendue de communiquer avec les autres. L’art du non dit, l’art de se taire, de ne pas savoir parler.

A l’école, elle n’ouvre pas la bouche, ses yeux se ferment très vite, dans les moments où le ciel est sombre. Gabrielle regarde la couleur de chaque être, comme si chaque personne reflétait un différent point de vue.

Dans la maison vide où personne ne vient, il y a comme seuls bruits les petites gouttes qui coulent dans le lavabo mal fermé, les lumières électriques, les néons qui dansent dans les pièces abandonnées.

Gabrielle s’obstine à se lever tôt et à aller voir ses copines, elle apprend qu’il faut boire sans prendre sa respiration entre chaque gorgée, que l’alcool permet de s’épanouir et de faire croire que tout va bien, qu’il ne faut pas coucher avec les garçons le premier soir mais Gabrielle ne couche pas, elle refuse de se donner. Pas encore, « 15 ans et du melon dans la tête ». Elle a des moments d’angoisse très violent où sa mère lui apparaît pendant quelques minutes.

 

Histoire de Yann :

 

Chaque matin, le café est fait comme convenu et la vaisselle aussi, ordonnée, bien lavée, essuyée, rangée.

Yann boit et mange la même chose depuis 10 ans et ne compte pas changer quoi que ce soit.Il est, obsessionnel par chaque parcelle de maladie, par chaque trace de confiture, de café. Yann passe le plus clair de son temps à ranger ce qui n’est pas à sa place.  Il vit comme une horloge réglée en permanence, il court sagement, ne perd pas son chemin, ne demande rien à personne, yann refuse l’engagement. Les femmes coulent dans ses bras et partent sans dire merci. Il s’occupe de sa petite sœur Gabrielle depuis que le mère est partie avec un marin pêcheur, Gabrielle a 15 ans, Yann 30. Ils parlent peu, Gabrielle n’a personne à qui parler. Yann fait avec depuis longtemps, maintenant.

« Le silence est un propre de soi » a-t-il dit un jour à sa sœur, Gabrielle n’est pas d’accord sur ce point là. Parler n’est pas marque de faiblesse, c’est important pour ce sentir vivant a-t-elle pensé. Elle n’a pas oser lui dire en face, «  le silence nous détruit». Yann a conscience que sa sœur voit bien les choses et qu’elle comprend facilement les choses. Yann n’arrive pas à lui faire confiance pour autant. Yann est fermé sur son travail et ne pense qu’a ça, ses angoisses ne concernent que le travail, pour le reste, ça ne le regarde pas.

 

Histoire de Sarah :

 

Elle ne connaît personne dans cette ville paumée. Elle est allemande et ne parle pas bien français. Elle s’est très vite rendue compte que cette famille ne tournait pas rond. Surtout la petite qui perd souvent la boule et se retrouve toujours à l’opposé d’où elle devrait se trouver. Sara couche avec son grand frère  avec qui elle vit dans la maison, ils se réveillent le matin avec le plaisir d’être encore ensemble comme si la fatalité allait les pousser à se séparer à un moment ou un autre. Sara se réveille en pensant au bonheur d’être toujours en vie, à son amour pour la peinture et pour l’art en général. Le désir d’être une vraie artiste et de ne pas cacher son art, moche ou vulgaire, n’importe qu’il puisse être. L’art est une faveur que Dieu nous fait, elle est un peu plus croyante, en fonction des jours, il y a des fois où il vaut mieux prier le plus possible pour soulager ses angoisses, Sara voit les choses comme ça, elle réclame beaucoup d’attentions mais ne demande pas trop non plus. Elle croit à l’autosuffisance de ses besoins, ne pas trop s’imposer  est mieux mais il faut toujours viser plus haut. Monde cruel, mallette sous le bras, escalier rongé, postures désinvoltes. La vie c’est les mot, pour elle « le monde se compose de mots, sans véritablement savoir ce qu’ils veulent dire » La poésie, les phrases courtes, les contre- sens, voilà ce qu’est la vie, une douceur bancale.

 

 

 

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Published by sadie
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