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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 12:08

 

« Il fait un soleil éclatant, je marche sur une grande allée couverte d’arbres verts, et je sais que  beaucoup de gens pensent au soleil dans ce monde sombre car il n’y a que de ça que l’on peut rêver, je me retourne et je vois un petit mec sur une  trottinette qui approche,

 je l’attrape et je lui vole  sa trottinette  mais je n’arrive pas à monter dessus. Je le tue.

Cette allée je ne la connais pas et elle est infinie..infinie..infinie et soudain j’ai envie de fumer, une telle envie qui me fait un nœud dans l’estomac et me tord les entrailles » 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 12:04

Moi qui croyais ne pas souffrir,

Reposant mes bras sur la chair malsaine,

Seuls,

les étrangers, comme compagnons,

Somnolant dans mes yeux,

Séjour royal,

Moi qui pensait qu’ils pourraient me calmer,

Je riais souvent, le ventre plein,

J’étais modestement raffinée,

Quelle est cette sensibilité qui se démêle mal,

Dans le fond de la salle.

 

 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 11:59

 

Perte de l’âme sensible,

Qui salie les envies,

Comme au travers d’un vase en verre,

J’ai regardé mon visage déteindre,

Epargne moi les allures mauvaises,

Des hommes élégants,

Caricaturant la chasteté irréelle,

Et dans le ventre de leur femmes,

Se noue les gémissements de l’enfant divin,

Rouge de promesses, d’avenir,

Les grincements plus bas,

Les idées vilaines du couple en satin,

Eclatent tard le soir,

Dans la chambre remplie d’ombres.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 11:56

 

Je suis nouvelle, comme un oiseau sans flammes.

Ma peau est rouge et souple,

Le sol n’est pas plat, là où j’ai posée mes ailes,

Dans cette échéance, sans âmes,

on ne se positionne pas comme un autre.

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 22:30

 

Comme une étoile filante, dans le ciel de marbre. Je dessine ces cercles courbes et abstraits, j’essaye de m’imaginer sur le bord, au côté de futiles constructions et je me cherche, en tâtonnant chaque petit trait, tous aussi différents et irréguliers.

Un arbre creux et une lanterne posée sur la paume de ma main d’homme, un vieux regard antipathique et détruit, chaussures à talon qui font mal et qui me laisse boiter.

J’attrape de mes mains glacée, les petits bouts de neige comme des éclats de verres qui me font saigner des mains, rien que ces tout petits bouts de neige qui m’arrachent la peau, je ne sais pas quoi faire pour enlever la douleur sur mes mains, je les contemple, rouges vives, comme inertes.

Le monde est plat comme l’univers euclidien, un chaos près du silence noir où l’on recommence à zéro, infiniment. Ces hommes qui se fanent dans le désert âpre, à côté des murs diplomatique. La danse des rois et des reines, la danse des sages, dévastés, par le désir de mort, ma lanterne, clignote pour essayer d’amener les autres avec moi, je ne danse pas comme un autre, je suis autre de ce que je suis, je pense être envahie par le mérite, de ne pas être qu’un masque.

Ces murs d’ardoises m’effraie, je refuse de dormir, n’importe ou, où je pourrais poser ma tête, je suis fatigué de toute cette agitation et des regards désordonnés, des postures indécises, des langages incohérents, des dits qui ne veulent rien dire, ils s’arrachent silencieusement dans le temps, la lumière ne nous indique pas où nous sommes et vers ou nous sommes allés. Le bruit me fait terreur, les électron d’une musique fantomatique et mon regard rempli par les mots oubliés, les phrases arrachées par le désordre de cette journée, hier il m’a dit qu’il s’en allait, hier les gens n’étaient pas les mêmes, je ne pense pas pouvoir reconnaître les lieus, le monde a été modifié, je suis abasourdie par ce que je croyais connaître, je ne sais plus rien. Et il pleut encore, encore, comme si chaque jour, le temps était de nouveau le même. J’espère que tu trouveras ton paradis, j’espère que vous vous amusez, près de l‘océan. Les mains posées sur le marbre bleuté, allongée sur ces fausses couleurs, vomissant ma cervelle, vomissant le reste de mon corps blanchi, sans remède adéquat, sans émotions.

Désert de culture, images filmiques dans mon inconscient, fantasmes évaporés, braise foudroyante, jeux maudit, personne, ici, ne sait de quoi il parle. Je parle aux professeurs, pas aux étudiants, qui ne font que raconter. Je ne veux plus me mouvoir à l’ignorance, je veux la croyance des mauvais qui est une éternelle bonté, si les violons continuent à jouer dans mon dos, je sais où me tourner. Incapacité de décrire les arbres, les personnes, les instants, les mots, comme coincés au fond de ma gorge.

Et si l’on traverse le désert, une boussole à la mains et que le ciel nous fonce dessus, qu’on puisse être le seul être au monde pendant un instant, que personne ne nous dise quoi faire pendant un moment, que le seul à qui on puisse se confier c’est nous même, que le cœur de la terre bat sous nos pas, qu’il n’y a pas de vent, seulement nos traces sur le sable rouge. Tout s’envole après notre passage, peut-être on comprendra ce qu’est la vraie solitude sur terre. Cette inquiétude du jour qui passe trop vite, on ne la sentira plus, l’angoisse de ne pas savoir quoi faire, ça disparaîtra. Rien ne disparaît, notre vie restera bourrée de conneries et de crapules.

La lune file comme une sourde, elle n’entend pas mes cries dans la nuit, elle n’entend pas que ma maison est trop petite et que les autres viennent cogner à ma porte, sans savoir quoi me dire. Tendresse, un océan de tendresse contre moi, c’est ce que je garde, écrit de mes absences qui sont si présentes. Si magiques, comme un point de non retour, je caresse mon regard sur le brut, le concret et je ne me vois pas dans cette allée, six pieds sous terre, face au reste, ils ne savent pas ou je suis, mais tout le monde croit connaître ce que je vois. Tout le monde croit connaître mais c’est faux. Le petit homme s’évapore dans l’espace comme tout le reste, le monde part et les gens restent. Le monde s’efface et les gens continuent à divaguer. Voilà.

Autour du pot, proche de comprendre, proche de la finalité, proche de toute rencontres, proche du sol si l’on tombe de haut où on pourra toujours se rattraper, agripper les poutres et les chaises ou se coller contre la table.

Le temps s’écroule.

 

 

 

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 22:26

 

Papillon de nuit sur mon cœur.

Dommage qu’il n’y est plus rien sur la grande route, où j’ai laissé le reste de mes affaires, j’ai peur, comme l’une des plus grande peur, un endroit que je ne connais pas, un endroit où les fleurs ne poussent pas, où le ciel ne bouge plus et où les éclairs éclate ma tête contre les rebord de la fenêtre.

J’écoute comme je le fais souvent, la respiration de mes compagnons, ils se taisent et seul, je regarde le reste du paysage.

Je me regarde, je regarde, j’essaye d’illuminer ma vie. J’aimerai la rendre plus aimable et tendre et pourtant elle reste coincée contre la vitre en ciment.

Le poème de mes 20 ans. Le silence de mes 20 ans.

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 22:25

 

Moi qui croyais ne pas souffrir,

Reposant mes bras sur la chair malsaine,

Seul, les étrangers, comme compagnons,

Somnolant dans mes yeux,

Séjour royal,

Moi qui pensait qu’ils pourraient me calmer,

Je riais souvent, le ventre plein,

J’étais modestement raffinée,

Quelle est cette sensibilité qui se démêle mal,

Dans le fond de la salle.

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 22:23

 

Jour de repos.

En pensant à lui.

Divine journée avec un fils de diplomate, que tout le monde connaît. Il était fils de diplomate, je l’ai rencontré par hasard. Quand je me suis réveillé il était parti. Indigeste journée qui s’annonce, comme toujours, je me rappelle. Un montage d’ horreurs. Comme toujours. Le jour en enfer. La nuit en abyme. Sérieuse richesse d’un fils de diplomate.

Jour fatigué et lassé de ton ennui. Jour rigide et fougueux, ta bonté sur ma face de maîtresse.

Bonté originelle du désordre, vivre sans toi, oubli, je me souviens qu’il était fils de diplomate.

Les jours liquides. Les jours vides dans ma cellule avec Dieu. J’ai porté derrière toi. Comme un énorme poids.  J’ai regardé derrière moi mais tu ne m’as pas vu. J’étais sous le sol, à casser, casser. Brique après brique. Les fenêtres se brisaient sur moi, je n’entendais plus ce que tu me disais. Ce que tu croyais connaître n’est plus que le déchirement d’une matière. Je me suis caché sous la terre. Parcourir. Comme peine perdue. Une mélancolie fragile. Sur une sphère close. Et un fils de diplomate.  Je suis, soudain, confronté au silence, celui qui arrive à rebondir en moi, je me sens toujours seule avec un fils de diplomate. Tout ceux qui ont prétendus m’apprécier sont parti. Quelle idée de compter sur un fils de diplomate, quelle rumeur folle, que de noircir ces pages en parlant de lui. J’aimerai demander si, pour une fois, il serait possible d’être partout. Si il est possible d’être partout.

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 22:22

 

Histoire de Gabrielle :

 

Gabrielle traîne dans la rue à la recherche de cigarettes, de rencontres, de musiques qui lui rendrait quelques souvenirs de sa mère, dans la grande maison familiale, elle déchire le papier peint et se sent perdue, dans les milliers de cartons qui débordent, son frère a une nouvelle copine qui reste dans son atelier à cracher sur ses tableaux, Gabrielle ne parle plus, elle s’est défendue de communiquer avec les autres. L’art du non dit, l’art de se taire, de ne pas savoir parler.

A l’école, elle n’ouvre pas la bouche, ses yeux se ferment très vite, dans les moments où le ciel est sombre. Gabrielle regarde la couleur de chaque être, comme si chaque personne reflétait un différent point de vue.

Dans la maison vide où personne ne vient, il y a comme seuls bruits les petites gouttes qui coulent dans le lavabo mal fermé, les lumières électriques, les néons qui dansent dans les pièces abandonnées.

Gabrielle s’obstine à se lever tôt et à aller voir ses copines, elle apprend qu’il faut boire sans prendre sa respiration entre chaque gorgée, que l’alcool permet de s’épanouir et de faire croire que tout va bien, qu’il ne faut pas coucher avec les garçons le premier soir mais Gabrielle ne couche pas, elle refuse de se donner. Pas encore, « 15 ans et du melon dans la tête ». Elle a des moments d’angoisse très violent où sa mère lui apparaît pendant quelques minutes.

 

Histoire de Yann :

 

Chaque matin, le café est fait comme convenu et la vaisselle aussi, ordonnée, bien lavée, essuyée, rangée.

Yann boit et mange la même chose depuis 10 ans et ne compte pas changer quoi que ce soit.Il est, obsessionnel par chaque parcelle de maladie, par chaque trace de confiture, de café. Yann passe le plus clair de son temps à ranger ce qui n’est pas à sa place.  Il vit comme une horloge réglée en permanence, il court sagement, ne perd pas son chemin, ne demande rien à personne, yann refuse l’engagement. Les femmes coulent dans ses bras et partent sans dire merci. Il s’occupe de sa petite sœur Gabrielle depuis que le mère est partie avec un marin pêcheur, Gabrielle a 15 ans, Yann 30. Ils parlent peu, Gabrielle n’a personne à qui parler. Yann fait avec depuis longtemps, maintenant.

« Le silence est un propre de soi » a-t-il dit un jour à sa sœur, Gabrielle n’est pas d’accord sur ce point là. Parler n’est pas marque de faiblesse, c’est important pour ce sentir vivant a-t-elle pensé. Elle n’a pas oser lui dire en face, «  le silence nous détruit». Yann a conscience que sa sœur voit bien les choses et qu’elle comprend facilement les choses. Yann n’arrive pas à lui faire confiance pour autant. Yann est fermé sur son travail et ne pense qu’a ça, ses angoisses ne concernent que le travail, pour le reste, ça ne le regarde pas.

 

Histoire de Sarah :

 

Elle ne connaît personne dans cette ville paumée. Elle est allemande et ne parle pas bien français. Elle s’est très vite rendue compte que cette famille ne tournait pas rond. Surtout la petite qui perd souvent la boule et se retrouve toujours à l’opposé d’où elle devrait se trouver. Sara couche avec son grand frère  avec qui elle vit dans la maison, ils se réveillent le matin avec le plaisir d’être encore ensemble comme si la fatalité allait les pousser à se séparer à un moment ou un autre. Sara se réveille en pensant au bonheur d’être toujours en vie, à son amour pour la peinture et pour l’art en général. Le désir d’être une vraie artiste et de ne pas cacher son art, moche ou vulgaire, n’importe qu’il puisse être. L’art est une faveur que Dieu nous fait, elle est un peu plus croyante, en fonction des jours, il y a des fois où il vaut mieux prier le plus possible pour soulager ses angoisses, Sara voit les choses comme ça, elle réclame beaucoup d’attentions mais ne demande pas trop non plus. Elle croit à l’autosuffisance de ses besoins, ne pas trop s’imposer  est mieux mais il faut toujours viser plus haut. Monde cruel, mallette sous le bras, escalier rongé, postures désinvoltes. La vie c’est les mot, pour elle « le monde se compose de mots, sans véritablement savoir ce qu’ils veulent dire » La poésie, les phrases courtes, les contre- sens, voilà ce qu’est la vie, une douceur bancale.

 

 

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 22:19

   Ciel fermé.

 

Il n’y a pas si longtemps, je patientais, encore, devant l’entrée de mon bureau, effrayé à l’idée de rentrer à l’intérieur et de voir tous mes collègues. Je me refusais l’accès à ma vie professionnelle, je n’arrivais plus à arriver à l’heure, je ne parlais plus à personne, je me retenais de parler à qui que ce soit, ma voix fut coupée pendant un bon moment de ma vie. L’idée même de devoir parler de mon travail me bloquait, je devenais rouge et je cachais ma tête comme une honte de devoir m’exprimer. Je détestais ça. Je ne ressentais pas le besoin d’avoir à raconter les moments passés, les histoires critiques de ma vie, telle qu’elle se concevait. Je sus bien plus tard que ma petite sœur était devenue, elle aussi architecte et qu’elle avait quitté le pays. Je ne parlais jamais de ma famille, elle était resté figée, en moi, comme une photographie, une seule conception de ce que je pus penser d’elle. Flou et froid, incorrect, malpropres, ces simples mots comme représentation de l’environnement où j’eus grandi, où j’ai été forcé à grandir. Il y avait, un grand désir de me voir disparaître, d’arriver à n’être qu’inconnu aux yeux du monde, aux yeux de tous ceux qui croyaient en moi, j’étais comme soulagé que personne ne veuille s’intéresser à moi.

Je me sentais étranger.

Je suis resté dehors toute la journée. J’ai passé deux heures, dans le froid, à attendre que ma mère m’ouvre la porte. Ma mère m’a mis dehors, elle était confuse, je n’ai rien compris à ce qu’elle m’a dit, elle a zézayé pendant cinq minutes expliquant ce qu’elle avait dans le crâne, ramener mon père sur le tapis, m’a rappelé que je lui cachais des choses, mes secrets, mes projets. Elle avait une attitude catégorique.

Bonne rupture, un choc. Je n’ai rien compris. Je n’étais plus là. Entre elle et moi, pendant toutes ces années, il n’y a eu aucune facilité, chaque chose pesait, chaque remarque demandait réflexion, une impossibilité d’écouter un autre avis, une synthèse détaillée à chaque parole, un carnage pour chaque phrase, une importance à chaque mot.

Ma mère. C’est bien de là qu’ont commencé tous mes soucis. Elle a cessé d’être drôle pour changer son rire en grimace, son ton ironique en humour noir.

Nous nous sommes construit un monde à part et nous n’avons jamais eu la curiosité de plonger dans l’univers de l’autre. Nous étions désormais une mauvaise caricature entre une mère et son fils, une pulsion de pitié de la voir couler sous mes yeux. C’est assez triste de voir sa vie disparaître.

Mes sentiments sont vagues, les siens sont concrets, mon cœur est indécis, le sien est tranchant.

Non, non, ma vie est efficace, ma vie peut servir, je peux me tourner vers mes rêves, ma mère n’en a plus, elle doit se dire que son histoire ne sert plus, elle sait qu’elle doit tout reconstruire et elle n’en est plus capable. Pourtant elle ressent encore ce qu’elle endure, elle peut percevoir, palper. Sa vie est ouverte, mais, elle a dépassé le stade du moyen de savoir comment elle pourrait se rendre heureuse, la peine à transgresser, au point de devenir angoisse face à quoi que ce soit qui puisse l’animer. Elle aurait pu chanter et rougir devant la scène, réciter des textes qu’elle aurait appris à point, un enchantement de la voir se découvrir, devant des personnes venues l’applaudir.

 

La brume cache son visage, le temps est meurtrier, il brise ses derniers instants et les rend fatals. Pourtant, pendant ces quelques minutes de ma vie et de la sienne, les mots ont fini par éclater pour se  dissimuler en moi, je ne souhaitais pas qu’ils viennent, ils n’auraient pas du sortir et du moins devant moi, j’ai attendu patiemment dans le couloir qu’elle se calme. Une foutue malédiction que peuvent être ces mots et une certaine douceur dont je puisse me retrouver seul avec eux.  J’ai allumé une cigarette alors que je n’avais pas le droit. Au café, j’ai essayé de penser à autre chose, j’étais prêt à fumer sans retenue  et finalement, tout à fait pour que je revienne à elle. L’ennui et la culpabilité, l’ennui surtout.

Ma mère dormait quand je suis rentré, tête baissée sur le canapé, j’ai regardé les mille et une nuit et j’ai ronflé, jusqu’à 9 heures du matin.

Lucy sentait la friture, elle travailla au restaurant toute la journée, elle sentit les mains baladeuses sous sa jupe, les pourboires bien garnis, les chewing-gums sous les chaises, les factures impayées, les plats qui ne venaient plus et, bien sûr, les livraisons du matin. Un casse-tête ces livraisons. Il faut signer le document, attendre que tout soit rangé, dire merci, se rincer le visage dans les toilettes, aider à la deuxième livraison, redire merci, signer un nouveau papier. Elle n’arrive plus à dormir. Son insomnie me met mal à l’aise, elle peut surgir devant ma porte à n’importe quelle heure et je suis obligé de l’accueillir les bras ouverts, moi qui rêve de ma future carrière de réalisateur, une jolie assistante qui gâche mon plan en l’embellissant par son derrière et qui me prépare du bouillon alors que j’ai attrapé froid par l’orage qui a arrêté brusquement mon film et de voir son sourire couvrir la pluie, rendre ingrat ses nuages dépendant de l’irrévocable tempête. Lucy qui sent la friture et qui dégouline de maquillages  parce qu’il neigeait et que ses cheveux trempés se collaient à mon torse tout chaud, sa mine douce et sereine, de se retrouver  à côté de moi, comme un désir qu’elle convoitait.

Bien qu’elle a commencé à se rapprocher de moi, j’éprouvais une réticence inéluctable pour elle et j’ai cherché dans ses yeux le seul moyen de la dissuader d’aller plus loin, bien sûr, elle n’a pas compris et a continué son petit jeu, se frottant doucement contre moi, me caressant les cheveux en appuyant sur mes mèches brunes et en les tirant légèrement, je gémissais en silence, mes yeux contemplaient les murs d’images et d’un coup, mon corps se mélangea au sien. Comme une grande scène de cinéma, je lui ai attrapé les jambes et je l’ai tiré vers moi. Elle me donna des claques, secoua ma tête, insulta ma mère et griffa mon torse de toutes ses forces si bien que ces petites marques rouges furent si profondes qu’elles ne voulurent partir. Dans ces moments, je sentais la solitude me prendre et je fus soudain agacé de me retrouver seul avec elle.

Les poires, les prunes, les pêches et toutes les senteurs du monde attrapaient mes maux pour les emmener vers un endroit inconnu, qui n’était pas aussi pure qu’il pouvait sembler paraître. Elle était aussi belle qu’une vieille photo, le bleu nuit derrière ses yeux la glorifiait.

L’amour a frappé a ma porte, une fois. Une boutique vide où les gens ne faisaient que passer, le ciel enfoncer contre le plafond, elle était prête à partir, elle me pressait vers le fond de cette petite boutique.

Dans mes mensonges qui s’animent, la nuit,   des hommes nus me cherchent, il y en a de toute taille.

Un silence parfait, des découpages dans le vide, ma main qui se retire, un dernier verre avant de partir.

Un monstre que j’ai admis dans ma tête, il pousse et grandit bien trop vite, sa tête est bien ronde et avec sa bouche, il avale mes ombres, mes vices, elle en faisait partie.

Le beau et le laid, enfermés dans un sac en papier, mélangés avec les pétales de la vie. Pauvre petit ange de mes tourments, tu m’espionnes jour et nuit sur ton lit de soie, mais tu n’arriveras pas à me faire fondre en larmes. Petit oiseau qui flotte contre moi, insolent sur les bouts de verre, aucune couleur sur tes ailes, un bruit qui ne fonctionne plus.

Je vois ton sourire dans l’obscurité, je vois les armes dissimulées, qui ruissellent sous le vent de minuit, je sens ton cœur qui bat contre moi, je sais que l’on se reverra.

Dans la petite chambre, je l’ai écouté chanter, je dormais à moitié, la couverture sur une partie de mon corps, alors, tiède et sans mouvement, je pensais à la mauvaise fille et aux  nouveaux sons qui vibraient en moi, je voulais tout arrêter.

Oui, ma vie peut servir, je me le répétais, comme une certitude.

 J’avais de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts et au son de sa voix, j’ai commencé à rêver.

Dans un avion survolant la mer, le vent faisait claquer ses cheveux et son odeur envahissait l‘atmosphère, la crainte de tomber dans les eaux, le vertige du paysage et l’odeur qui s’imprégnait dans l’air, j’ai retenu mon souffle et je me suis tourné vers elle, on ne s’est jamais aimé, je le sais et pourtant on a toujours voulu être tous les deux. Derrière nous et ces fantasmes, je ferme le couvercle de ce dernier moment passé dans les cieux, pour le jeter à la mer. Le passé ne se cachera jamais, la malédiction dont j’y repense, il faut tout reconstruire, réinventer, je lui tiens la main, nous sommes entourés d’eau. Je m’envole avec le petit oiseau qu’elle a inventé pour me rencontrer, mécanique et rigide, qui chante comme un robot, il nous croit, lui, et il est bien le seul. C’était un bel endroit.

Devant ta maison, je sers le tout contre moi sans m’apercevoir de mon erreur, de la cigarette qui brûle mes doigts, des petites tulipes mal arrosées, des chansons que tu n’as pas osé chanter, tu as frappé à ma vie au mauvais moment, et j’ai écrit le mauvais conte. Une histoire pour enfant qui me déplait qui me fait tourner seule sous la neige, la rage morte, encore en souffrance, je taperais bien le ciel, je lui volerais ce qu’elle m’a pris, j’écraserais ce qu’elle peut ressentir, je ne veux pas connaître la suite.

Ce n’est pas un jour glorieux, je pensais à ma mère et à celle que je n’ai pas osé garder, j’avais honte de ce que j’étais devenu, du personnage loufoque et instable, qui avait pris ma place et qui vivait une vie que je ne voulais pas. Mes tourments sont sales comme les battements de cet oiseau égaré.

Alors, tout d’un coup, Lucy, a disparu de ma vie.

 Nous ne nous sommes plus parlés, même pour un court café, nous n’avons pas osé relancer l’autre.

Maintenant elle vit sa vie sans moi et moi la mienne sans elle.

Elle aussi.

Tout va tellement vite maintenant, tout est devenu si simple, j’atterris sur une piste lisse et droite, le bus qui n’a fait qu’être là, klaxonne sans fin et le bruit s’estompe dans mes oreilles. Enfin, seul, sur cette piste mélancolique en attendant la fin du jour.

Elle a attendu sur l’autre piste.

Décadence. Décadence de l’apesanteur, décadence du silence, décadence des envies, décadence des autres, décadence de la musique, décadence des rires.

Elle m’a connu.

Bonjour, ma chair, mon âme, mon autre sang, ma lassitude, mes espoirs, bonjour merveille d’un jour qui n’aurait pas dû se terminer.

Ma naissance n’est pas singulière, mon âme n’est pas belle, elle est brute comme le reste de mon visage. Je venais de comprendre que tout ce qui avait été planifié depuis ma naissance n’avait jamais été aboutis et que les promesses de ma mère se confondaient avec une mélodie sinistre, une rupture de ce que j’ai toujours pensé de moi et de ce que j’étais devenu.

Le seul qui me reste, maintenant, c’est mon chat, il sait quoi regarder, et sa vie ne finira jamais car les animaux ne savent pas qu’ils vont mourir.

La souffrance est un maudit poison qui se vide dans le fond de ma chair.

La souffrance ne me laisse que les drames de la vie, c’est une irrémédiable fatalité qui ne me lâchera pas.

Dommage que ce ne sois plus que du mépris. Plus que des choses tièdes. Que de moroses caresses. Que le bruit en silence. Que le silence en action. Un ralenti discret, des visages méconnaissables, je les contourne quand je suis seul, je ne veux plus les regarder.

Ce jour n’est plus qu’un, les vieux jours en un seul. Ce jour n’étais plus qu’un. Plus rien. Et de ce  jour il ne restera plus que des filaments de fantaisie. Un jour sur la mer. Comme rien d’autre au monde. Moi seul.

Moi contre tout, contre moi-même, sans plus savoir ou je vais et ou je suis.

Moi, elle m’a laissé, moi et le monde. Oui.

Moi et le ciel qui bouge. Moi et les femmes avides. Moi et le tremblement des feuilles. Moi et le masque que tout le monde s’obstine à porter. Moi et mon boulot. Moi et le reste. Il n’y a pas de reste. Il n’y a jamais eu de reste.

Elle était le reste.

Ma mère m’a souri aujourd’hui, elle a rencontré quelqu’un, elle est enfin heureuse. Je suis heureux pour elle.

 

 

 

 

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